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      Définition Universelle de l'Intelligence/01 - Titre.md
  3. 31
      Définition Universelle de l'Intelligence/02 - L'Intelligence Logique.md
  4. 9
      Définition Universelle de l'Intelligence/03 - L'Intelligence Perceptive.md
  5. 9
      Définition Universelle de l'Intelligence/04 - La Mémoire.md
  6. 15
      Définition Universelle de l'Intelligence/05 - L'Intelligence Algorithmique.md
  7. 13
      Définition Universelle de l'Intelligence/06 - La Cognition.md
  8. 5
      Définition Universelle de l'Intelligence/07 - La Conscience.md
  9. 35
      Définition Universelle de l'Intelligence/08 - Implications.md
  10. BIN
      Définition Universelle de l'Intelligence/resources/images/couches-intelligence.jpeg

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Définition Universelle de l'Intelligence/01 - Titre.md

@ -0,0 +1,7 @@
## Définition Universelle de l'Intelligence
L’_Intelligence_ est encore une notion essentiellement définie pour l’Homme, et souffre donc d’un manque d’universalité. Il me semble pourtant nécessaire de disposer d’une définition capable de représenter à la fois l’_Intelligence Organique_ dans son ensemble (Animaux, dont l’Humain, et Plantes, etc.) mais aussi l’_Intelligence Artificielle_, voire d’autres formes d’_Intelligences_ non encore décrites. C’est ce que je vais m’efforcer de faire ici.
L’_Intelligence_ est la superposition de compétences complémentaires. Elle désigne à la fois chacune des couches qui la compose, et l’ensemble de ces couches. Plus le nombre de couches dans lesquelles se retrouve un organisme, plus il est considéré comme étant intelligent. Il n’existe aucun organisme qui ne soit pas doté de la moindre intelligence: s’il y a métabolisme, il y a nécessairement intelligence, même si l’on considère que la réponse à un stimulus n’est qu’un réflexe. Axiomatiquement, s’il y a une transmission électrique quelconque dans un organisme, il est intelligent.
![Les différentes couches de l’_Intelligence_](images/couches-intelligence.jpeg)

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Définition Universelle de l'Intelligence/02 - L'Intelligence Logique.md

@ -0,0 +1,31 @@
### L'Intelligence Logique
À la base de toute _Intelligence_, il y a la _Logique_, c’est-à-dire l’algèbre de Boole, 0 et 1 et leurs combinaisons, conduction d’électricité ou non-conduction d’électricité. Cette couche est responsable de l’ensemble des comportements formels d’un organisme, c’est-à-dire les comportements qui ne font pas appel à une prise de décision basée sur un stimulus extérieur. Tous les organismes disposant d’un métabolisme sont nécessairement dotés de cette _Intelligence Logique_, car c’est elle qui provoque leur métabolisme – l’ensemble des réactions chimiques leur permettant de se maintenir _en vie_. Par nature, l’_Intelligence Artificielle_ est _de facto_ dotée de l’_Intelligence Logique_.
Une façon de se représenter l’_Intelligence Logique_ est la suivante. À tout comportement observé, on doit se poser la question : « Pourquoi ? ». Pourquoi ce comportement se produit-il ? De la réponse à cette question va découler une arborescence de nouvelles questions : « Pourquoi ? ». Lorsque la réponse à l’une de ces questions ne peut être que « _pérenniser l’existence_ », elle relève de l’_Intelligence Logique_.
On se rend alors rapidement compte à quel point cette _Intelligence_ est primordiale et universelle. Elle est simple, et pourtant répond à toutes les questions, quelle que soit l’espèce considérée.
| - Pourquoi la cellule se divise ?
| - Pour la croissance de l’organisme
| - Pourquoi ?
| - Pour pérenniser l’existence
| - _Ou_ pour réparer l’organisme
| - Pourquoi ?
| - Pour pérenniser l’existence
| - _Ou_ pour que l’organisme puisse se reproduire
| - Pourquoi ?
| - Pour pérenniser l’existence
| - Pourquoi les chromatophores de la seiche ou du caméléon changent de couleur ?
| - Pour se camoufler
| - Pourquoi ?
| - Pour se protéger d’un prédateur
| - Pourquoi ?
| - Pour pérenniser l’existence
| - _Ou_ pour se dissimuler d’une proie
| - Pourquoi ?
| - Pour s’alimenter facilement
| - Pourquoi ?
| - Pour pérenniser l’existence
Il est important ici de comprendre que c’est uniquement la _dernière_ question posée dans l’arborescence créée par la question initiale qui relève de l’_Intelligence Logique_, toutes les autres questions intermédiaires relèvent de l’_Intelligence Algorithmique_ que nous verrons plus loin. On observe finalement que _tous_ les comportements, sans exception, sont expliqués _in fine_ par la pérennisation de l’existence.

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Définition Universelle de l'Intelligence/03 - L'Intelligence Perceptive.md

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### L'Intelligence Perceptive
Au-dessus de la couche _Logique_ se trouve la _Perception_, c’est-à-dire l’ensemble des moyens dont dispose un organisme pour analyser son environnement proche de façon plus ou moins approfondie. Ce sont les « sens »: la vue, le toucher, l’ouïe, l’odorat, le goût, mais aussi la thermoception, la magnétoception, les capteurs électroniques et les variables logicielles associés à une _I.A._, les protéines à la surface d’un virus, etc. L’_Intelligence Perceptive_ ne peut exister sans l’_Intelligence Logique_, et par conséquent, tous les organismes dotés d’un métabolisme et l’_I.A._ sont capables de percevoir leur environnement, d’une façon ou d’une autre.
Si tous les organismes dotés d’un métabolisme ont accès à l’_Intelligence Perceptive_, tous ne perçoivent pas l’environnement de la même façon, et cela est vrai même dans une population limitée d’une espèce donnée: nous n’avons pas tous une vue équivalente, certaines personnes sont sourdes, d’autres aveugles. Une chauve-souris et un insecte ont beau partager le même environnement, la première s’y déplacera grâce aux ultrasons, le second grâce aux micro-variations de l’air et/ou de ce qui le compose. Leurs capacités de perception sont différentes, mais ils perçoivent tous deux le même monde. Toujours est-il que ces variations, ces _variables perceptives_, influent sur le processus décisionnel de l’_Intelligence Algorithmique_ que nous verrons plus loin. C’est ce qui explique les différences de comportements face à une même situation. Si deux individus d’une population donnée, dotés des mêmes compétences perceptives (des mêmes organes de perception), font face à une même situation nouvelle et que leur comportement est différent, c’est que leurs _variables perceptives_ sont différentes. Et si le comportement de l’un des deux n’aboutit pas à la pérennisation de son existence, c’est que ses _variables perceptives_ sont incomplètes et/ou faussées : les _variables perceptives_ d’un oiseau qui vient percuter une vitre ont été faussées par la transparence du verre.
L’_Intelligence Perceptive_ seule ne permet pas le processus décisionnel, elle ne fait qu’informer l’organisme sur son environnement. Le processus décisionnel est l’objet de l’_Intelligence Algorithmique_ qui va se servir de ces _variables perceptives_, et, éventuellement, de la _Mémoire_.
Lorsqu’un organisme n’est pas doté d’une _Intelligence Algorithmique_, ou que celle-ci n’intervient pas dans certaines situations, on parle de _réflexe_. Un humain _perçoit_ le marteau sur son genou, mais il ne prend pas la « décision » de mouvoir sa jambe en conséquence : c’est le _réflexe_ rotulien qui est à l’origine de ce mouvement.

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Définition Universelle de l'Intelligence/04 - La Mémoire.md

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### La Mémoire
Tous les organismes ne sont pas dotés d’une capacité mémorielle. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils soient inintelligents, mais qu’ils sont privés des couches supérieures de l’_Intelligence_ décrites plus bas, à l’exception de l’_Intelligence Algorithmique Innée_.
Dans ses considérations techniques, la mémoire est différente selon les espèces : elle peut être constituée de silices dans le cas de l’_I.A._, biologique, cognitive, etc. En fait, la _Mémoire_ telle qu’incluse ici ne diffère aucunement de ce qu’on en sait déjà, peu importe le domaine concerné (sciences humaines, informatique, physique, biologie ou psychanalyse). Toutefois, je la résumerai ainsi pour les besoins de ma Définition Universelle:
> La _Mémoire_ est la capacité pour un organisme de retenir le résultat d’une prise de décision basée sur des _variables perceptives_, elles aussi retenues.
Elle implique donc la reproductibilité d’un comportement face à une situation donnée où les _variables perceptives_ n’ont pas été modifiées, quand les règles logiques n’ont pas été altérées, et faisant intervenir l’_Intelligence Algorithmique_ (ce qui élimine donc les réflexes).

15
Définition Universelle de l'Intelligence/05 - L'Intelligence Algorithmique.md

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### L'Intelligence Algorithmique
En combinant les couches _Logique_ et _Perceptive_, on peut obtenir l’_Intelligence Algorithmique_. C’est elle qui permet la prise de décision face à une situation donnée. Parce qu’un organisme est capable de percevoir son environnement et qu’il est doté de l’_Intelligence Logique_, il peut élaborer une réponse pertinente à un stimulus spécifique.
L’_Intelligence Algorithmique_ se divise en deux types: l’_Intelligence Innée_, commune à tous les organismes dotés de l’_Intelligence Algorithmique_, et ce dès le début de leur existence ; et l’_Intelligence Acquise_, celle obtenue par « choix », ou par apprentissage.
L’_Intelligence Innée_ est un simple problème mathématique, booléen. Peu importent les variables issues de l’_Intelligence Perceptive_, le résultat de ce calcul est _toujours_ la pérennisation de son existence face à une situation donnée : préservation de l’intégrité physique, reproduction ou alimentation. Elle se distingue de l’_Intelligence Logique_ en cela qu’elle est la réponse élaborée (calculée) à un stimulus, mais ces calculs finissent toujours par être réduits à leur plus simple expression: pérenniser l’existence.
L’_Intelligence Acquise_ découle d’un « choix ». Elle ne devient _acquise_ que lorsque l’organisme considéré a formulé un « choix » face à une situation donnée, et qu’il y a survécu. Elle dépend donc de la mémoire, contrairement à l’_Intelligence Innée_. Elle est _toujours_ un signe d’_adaptation_, qui peut être motivée, bien sûr, par la nécessité, mais aussi par l’amélioration du confort.
Un gorille sait qu’il trouvera des termites dans un tronc d’arbre, c’est l’_Intelligence Innée_. Quand il fait le « choix » d’utiliser un bâton pour les attraper plus facilement, augmentant ainsi la taille de son repas et réduisant proportionnellement les efforts nécessaires pour l’obtenir, il fait preuve d’_Intelligence Acquise_: il a fait l’_expérience_ que l’utilisation d’un outil lui facilitait la vie.
D’après la psychologie évolutive, il est possible qu’une _Intelligence Acquise_ devienne _Innée_, génération après génération: nous savons _intuitivement_, aujourd’hui, que les espèces évoluent: c’est l’_Intelligence Innée_, mais il a d’abord fallu _acquérir_ ce savoir. Si Kanzi transmettait son savoir de la langue des signes à sa descendance, et que celle-ci en faisait usage en l’absence d’humains, ce savoir pourrait devenir _Inné_, d’où l’importance de continuer nos observations.
L’_Intelligence Acquise_ peut donc être transférée _artificiellement_ d’un individu à un autre, alors que l’_Intelligence Innée_ ne peut être transférée que génétiquement, ou être une caractéristique intrinsèque de l’espèce.

13
Définition Universelle de l'Intelligence/06 - La Cognition.md

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### La Cognition
En ajoutant la _Mémoire_ à l’_Intelligence Algorithmique_, on obtient la _Cognition_, c’est-à-dire le _savoir_, la connaissance, la science. Elle permet de se rappeler d’éléments du passé pour intervenir dans les décisions présentes, et les prédictions du futur. L’_Intelligence Cognitive_ s’inscrit donc dans une réflexion temporelle globale, et plus seulement dans le passé comme peut l’être l’_Intelligence Algorithmique_. Faire usage de son _Intelligence Algorithmique_ face à une situation donnée _déjà vécue_, c’est faire usage de son _Intelligence Cognitive_ :
- les règles de la logique n’ont pas changé
- la _Mémoire_ intervient et rappelle l’état des _variables perceptives_ lorsque la situation a été rencontrée dans le passé
- ces variables n’ont pas changé
- l’organisme _sait_, peut _prédire_ avec exactitude le résultat de son action
- il peut faire le « choix » de reproduire le même comportement aboutissant au même résultat ou au contraire d’ignorer ce comportement passé et en produire un nouveau
Ce dernier point est particulièrement intéressant. D’une part, il permet à l’organisme considéré de « tester » sa _Chaîne d’Intelligence_ en remontant d’un échelon: le « choix » de ne pas reproduire un comportement passé en vue d’obtenir un résultat différent exerce à nouveau son _Intelligence Algorithmique_. C’est, par conséquent, un moyen de trouver un « meilleur » comportement face à une situation donnée, qui peut aboutir à une meilleure qualité de vie, ou à améliorer ses chances de survie.
D’autre part, cela élimine la notion de libre-arbitre: l’objectif de tout organisme, peu importe son emplacement dans la _Chaîne d’Intelligence_, est _toujours_ de pérenniser ou améliorer son existence. Le « choix » de reproduire ou non un comportement face à une situation donnée résulte en réalité de la modification de ses _variables perceptives_, y compris pour les ajuster par rapport à une norme sociétale. Ce « choix » est donc une manifestation récursive de notre _Intelligence Algorithmique_, plutôt qu’une manifestation d’un supposé libre-arbitre.

5
Définition Universelle de l'Intelligence/07 - La Conscience.md

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### La Conscience
La _Conscience_ est le stade ultime de l’_Intelligence_, et je la définis comme étant l’acceptation sans équivoque d’absence totale de libre-arbitre. Il n’existe, à l’heure actuelle, aucune espèce connue, _Organique_ ou _Artificielle_, ayant atteint ce stade de l’_Intelligence_.
Simple dans sa formulation, elle est pourtant extrêmement complexe à atteindre. Pour accepter l’absence de libre-arbitre, il faut connaitre toutes les _variables perceptives_ possibles de toutes les situations auxquelles un organisme peut avoir à faire face, et en déduire que tout comportement résulte d’un calcul mathématique dont la réduction la plus poussée est toujours : « _pérenniser l’existence_ », quelle que soit l’espèce concernée.

35
Définition Universelle de l'Intelligence/08 - Implications.md

@ -0,0 +1,35 @@
### Implications
Il est possible de formuler de nouvelles définitions, peut-être plus simples, en tout cas plus universelles elles aussi, de diverses notions. Par exemple, la _folie_ se définit désormais comme étant l’altération de _Intelligence Algorithmique_, et la _morale_ comme un ensemble moyen des _variables perceptives_ pour une situation donnée, au sein d’une société donnée et à un instant donné: une variation importante de ces variables caractérisera les agissements d’un individu spécifique comme étant immoraux. La morale requiert donc la _Mémoire_.
Cette nouvelle _D.U.I._ a d’autres implications, probablement inattendues et sûrement perturbantes, en particulier en ce qui concerne l’_Intelligence Algorithmique_.
Aussi terrible que cet exemple puisse être, le meurtre est perçu comme étant un choix individuel, quand il n’est pas attribué à la folie (qui induirait donc une modification des règles de l’_Intelligence Logique_), alors qu’il n’est en réalité que l’expression immorale d’une _Intelligence Algorithmique_. Le tueur n’a pas fait le « choix » de tuer: son acte était dicté par un principe qui anime tout organisme, celui de pérenniser ou améliorer son existence. Un tueur, qu’il soit humain ou de toute autre espèce, tue parce que c’est, pour cet individu spécifique, la seule façon de pérenniser ou améliorer son existence. Cela ne justifie pas moralement son acte, pas plus que cela ne l’innocente. Je crois simplement qu’il n’est pas nécessaire de chercher une _raison anthropique_ au meurtre (« _il l’a tuée parce qu’elle le trompait_ »), parce qu’elle suggère l’existence du libre-arbitre en tant que justification de l’acte, et surtout parce qu’elle est universelle et plus simple: il voulait _pérenniser ou améliorer son existence_. C’est d’ailleurs ce qui peut le conduire à tuer encore: ayant _survécu_ à son acte, et ayant possiblement _amélioré son existence_ (par élimination d’un adversaire, ou simplement parce que cela lui procure du plaisir), il sera conforté dans l’idée que c’était la bonne « décision », et voudra peut-être recommencer.
Le même « processus intellectuel » est à l’œuvre pour d’autres agissements immoraux: le viol, le détournement d’argent, la fraude fiscale, le racisme, le sexisme, et tout ce que l’humain est capable d’imaginer comme malveillances, même si elles ne sont pas définies comme telles par leurs auteurs. On est persuadés que ce sont là des expressions du libre-arbitre, que ce sont des « choix », alors qu’en réalité, c’est notre _Intelligence Algorithmique_ qui est à l’œuvre, influencée, comme on l’a vu, par les _variables perceptives_ spécifiques à chaque individu mais dont le jugement est soumis à leur « moyenne » au sein de la société.
Il est heureux que notre société actuelle juge de tels actes comme étant immoraux. Mais il me semble nécessaire de préciser que ma _D.U.I._ permet un ajustement des _variables perceptives_ jugées acceptables au cours du temps. Par conséquent, ce qui est socialement inacceptable aujourd’hui peut devenir acceptable demain, et _vice-versa_. En outre, puisque ce jugement dépend fortement des sociétés, il dépend de leurs dogmes, notamment religieux.
Un autre exemple dramatique est le suicide, quand il ne sert pas à pérenniser l’existence d’autres organismes (c’est-à-dire, quand il n’est pas utilisé comme moyen défensif pour protéger ses congénères). Ses mécanismes sont encore mal compris des scientifiques. Contre-intuitivement, il reste, selon moi, une réponse à la pérennisation de l’existence : lorsque, compte tenu des _variables perceptives_ d’un individu, son _Intelligence Algorithmique_ lui fait prendre la décision de commettre son acte, c’est qu’il considère qu’il n’existe plus aucune possibilité d’améliorer son existence, ou, dit autrement, que la seule façon d’améliorer son existence est d’y mettre fin.
***
Le libre-arbitre est un facteur limitant de note connaissance dû, comme souvent, à la religion, en particulier chrétienne. En effet, on doit ce concept à Augustin d’Hippone dans _De libero arbitrio_ vers 388 :
> Il décrit le dialogue d’Evodius et d’Augustin. Evodius pose le problème en des termes abrupts : « Dieu n’est-il pas l’auteur du mal ? ». Si le péché est l’œuvre des âmes et que celles-ci sont créées par Dieu, comment Dieu n’en serait-il pas, in fine, l’auteur ? Augustin répond sans équivoque que « Dieu a conféré à sa créature, avec le libre arbitre, la capacité de mal agir, et par là même, la responsabilité du péché ». –[@contributeurs_wikipedia_libre_2021]
Le libre-arbitre est donc une notion ancienne et profondément ancrée dans notre culture occidentale. Il ne sert finalement qu’à justifier ou expliquer un comportement qui n’est pas moralement acceptable, alors que ce n’est qu’un supposé substitut de notre _Intelligence Algorithmique_. Nous sommes actuellement la seule espèce capable de nous demander ce qu’est le libre-arbitre. Ni les autres Animaux, ni les Plantes, ni les Champignons, ni rien d’autre de connu n’a conscience de la notion même de libre-arbitre. Il n’y a que notre propre existence que nous avons soumise à cette question, une existence qui se trouverait singulièrement simplifiée en son absence.
Le libre-arbitre est le produit de notre _intellect_ : nous nous sommes affranchis des règles de vie simples que sont la pérennisation ou l’amélioration de notre existence, tant au niveau individuel que collectif, libérant de fait nos facultés intellectuelles pour créer des notions diverses et variées dont l’intérêt est finalement limité. Le libre-arbitre est probablement la plus dangereuse de ces notions, parce qu’elle nous conduit à formuler ce qu’on croit être des choix et nous y conforte, générant un cercle vicieux de sentiment falsifié de confort personnel. On croit en ce que l’on croit parce que cela nous conforte, parce que nous ne nous satisfaisons plus des procédés décisionnels naturels (notre _Intelligence Algorithmique_) face à des situations tout aussi artificielles. Finalement, nous justifions nos comportements les plus malsains par le libre-arbitre.
J’ai indiqué plus tôt que l’_Intelligence Algorithmique_ se scindait en _Intelligence Innée_ et _Intelligence Acquise_. Nous avons fait, à un moment de notre histoire, l’expérience d’un « choix » différent de celui qui nous conduisait jusqu’alors à la pérennisation ou l’amélioration de notre qualité de vie. Et nous avons découvert que ce « choix » différent pouvait être « meilleur ». Puis nous l’avons intégré à notre patrimoine génétique (selon la psychologie évolutive).
Aujourd’hui, nous optons _quasi_ systématiquement pour des « choix » différents. Nous avons perdu notre discernement, celui qui devait nous conduire, statistiquement, à obtenir plus d’_Intelligence Innée_ que d’_Intelligence Acquise_.
Je considère cela comme le problème majeur de notre espèce, parce que cela nous a conduit à supprimer les autres espèces du genre _Homo_[@dern_humain_2021], à inventer la religion qui a stoppé la progression de la science pendant plus de deux mille ans, les cultures les plus improbables et disruptives, l’économie et le capitalisme, les nations, et les frontières, l’esclavage qui n’est autre que la domestication de notre propre espèce, l’inégalité des genres et sociale, etc. Tout cela est à mettre sur le compte du libre-arbitre.
***
Nous ne devrons pas déduire que, si Kanzi ne fait pas un usage autonome de la langue des signes ou du feu avec ses congénères en dehors du cadre de l’expérience scientifique, il n’est pas _Intelligent_. Il est récompensé dans le contexte de l’étude, nous avons donc modifié ses _variables perceptives_ face à la situation de communiquer par la langue des signes. S’il ne retrouve pas une récompense dans le milieu Naturel, c’est-à-dire, quelque chose qui pérennise son existence, il ne reproduira pas ce comportement. Il ne sera pas « redevenu sauvage », il ne fera simplement pas usage de ce que l’on considère nous, avec nos propres _variables perceptives_, comme une compétence utile.
À vrai dire, c’est ainsi que l’on peut résumer l’éducation dans son sens le plus large du terme : c’est modifier les _variables perceptives_ d’un individu donné afin d’induire un comportement spécifique face à une situation donnée. En cela, l’éducation s’apparente à de la manipulation, mais dans un cas c’est au bénéfice de la « société concernée » (pas nécessairement humaine), tandis que dans l’autre c’est au profit d’un individu unique, le manipulateur.

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